Le problème du visage qui change

Dans Dynasty Nova, le jeu de gestion spatiale par navigateur que je développe, chaque joueur choisit un avatar parmi 48 personnages. Chacun existe en deux images : un portrait carré, affiché dans le classement, le chat ou l'alliance, et une mise en situation en 16:9, qui sert de bannière à la page de profil. Le joueur doit reconnaître le même personnage dans les deux.

C'est là que la méthode qui a servi à nos bâtiments a échoué. Le transfert de style par diffusion régénère toute l'image : d'un tirage à l'autre, la mâchoire, les cicatrices et la coiffure dérivent, même avec la référence portrait poussée à 1,0. Pour un bâtiment, personne ne le remarque. Pour un visage, tout le monde.

Composer au lieu de transférer

La solution a été de changer de famille de modèle. Nano Banana Pro ne fait pas du transfert de style : il fait de la composition multi-image. On lui donne plusieurs images et une consigne d'assemblage, et il conserve les éléments qu'on lui demande de conserver. C'est lui qui verrouille l'identité.

Trois générations chaînées

  1. Le portrait → Krea 2 Medium, avec deux références : l'ancien avatar à 0,45 et la référence de style du jeu à 0,55.
  2. Le décor seul → Krea 2 Medium, en 16:9, avec la seule référence de style, et un prompt réécrit sans aucune mention du personnage (« empty scene, no people »).
  3. Le composite → Nano Banana Pro, avec trois images : le portrait fini, le décor seul et la référence de style. Consigne : prendre le personnage exact de la première image et le placer dans la scène de la deuxième, dans le style de la troisième.

L'ordre est strict. L'étape 3 a besoin du portrait fini et du décor fini : on ne parallélise qu'en « tous les portraits, puis tous les décors, puis tous les composites ».

Portrait v1 de la capitaine de la flotte, portrait v6 peint, puis mise en situation où la même capitaine agit dans un poste de commandement en feu
La capitaine de la flotte : portrait v1, portrait v6, puis la mise en situation composée par Nano Banana Pro.

Les règles apprises en route

Chacune de ces règles vient d'un défaut constaté sur des tirages réels.

Une queue de prompt qui change le rendu

La fin des anciens prompts, « digital painting, game avatar style, detailed texture », donnait un rendu surchargé de détails. Elle a été remplacée par « chunky stylised forms, hand-painted brush strokes, bold clean shapes, game concept art, hard bevels ». Cinq mots de matière ont suffi à passer du sur-détaillé au peint simplifié.

Référencer le portrait brut, jamais le recadré

Un recadrage serré prive le modèle du torse et de l'armure. Sur un essai, l'armure noir et or de la capitaine de la flotte est devenue beige et blanche, simplement parce que la référence ne montrait plus que son visage. Le portrait brut, non recadré, reste la référence d'identité pour toute régénération future.

Imposer la place du personnage

Sans consigne, Nano Banana Pro pose le personnage petit, loin et décentré. Le prompt de composite dit donc toujours « large and centered in frame » et « the clear dominant focal point ». La mise en situation sert de bannière ancrée en haut de la page de profil : le visage doit tenir dans le tiers supérieur, sinon le recadrage le coupe.

L'action se décrit, elle ne vient pas seule

Un décor décrit avec « standing motionless » ou « hands folded » donnait un personnage planté au milieu de la scène : 10 essais sur 14 l'étaient avant la reprise des prompts. Il faut décrire un geste engagé, lié au danger de la scène, et de préférence deux mains devant plutôt qu'un bras tendu sur le côté, pour garder le personnage centré.

Ce que nous avons retiré

Une bonne chaîne se juge aussi à ce qu'on ose enlever.

La passe de restyle

Jusqu'à fin septembre, chaque composite repassait par Krea 2 en img2img à 0,3, pour effacer le côté « IA générique » du rendu brut. Après avoir comparé composites et restyles sur 12 personnages, l'auteur l'a retirée : le composite Nano Banana Pro suffisait. Une étape de moins, c'est un risque de dérive de moins.

L'agrandissement, une fois, à la fin

L'agrandissement (Topaz, ×2) se fait une seule fois, quand tous les portraits et tous les composites sont choisis, jamais au fil de l'eau. Piège rencontré : le facteur d'agrandissement et les dimensions demandées se multiplient. Les mises en situation sortent ainsi en 5 504 × 3 072, une convention verrouillée et vérifiée sur les 48.

Trois fichiers, jamais écrasés

  • Le portrait brut → la référence d'identité, conservée même après la mise en production.
  • Le décor seul → la référence de scène, pour régénérer une mise en situation sans toucher au personnage.
  • La mise en situation → le seul fichier livré au jeu.

Garder les intermédiaires, c'est ce qui permet de refaire un décor dans six mois sans perdre le visage que les joueurs connaissent.

Le même principe pour 24 personnages de plus

La chaîne a depuis servi à produire les 24 personnages prévus pour l'abonnement du jeu, deux par mois sur un an, chacun dans le terrain de son lot mensuel et toujours en action, jamais debout de face. Elle tient parce que chaque modèle fait ce qu'il fait le mieux : Krea 2 peint, Nano Banana Pro compose.

Conclusion

Pour un personnage récurrent, le bon réflexe n'est pas de pousser la référence de style plus fort, mais de changer d'outil : composer avec une image d'identité plutôt que réinterpréter. Les designers qui travaillent des mascottes ou des personas illustrés retrouveront ici les mêmes enjeux que dans notre panorama des outils d'illustration par IA et nos compétences IA du designer en 2026. Pour le cadre général, notre guide de l'IA en design reste la porte d'entrée.

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Questions fréquentes

Comment garder le même visage d'un personnage sur plusieurs images générées par IA ?
En utilisant un modèle de composition multi-image comme Nano Banana Pro plutôt qu'un transfert de style par diffusion. On lui fournit le portrait fini comme référence d'identité, et on lui demande de placer ce personnage exact dans une scène fournie séparément.
Pourquoi le transfert de style déforme-t-il les visages ?
Parce qu'un modèle de diffusion régénère toute l'image : la mâchoire, les cicatrices ou la coiffure dérivent d'un tirage à l'autre, même avec la référence portrait poussée au maximum. C'est acceptable pour un bâtiment, pas pour un personnage qui doit rester reconnaissable.
Comment obtenir un personnage en action plutôt que figé avec l'IA ?
En décrivant un geste engagé lié au danger de la scène. Dans nos essais, un décor décrit avec « standing motionless » ou « hands folded » donnait un personnage planté au milieu de l'image dans 10 cas sur 14.
Faut-il retoucher un composite Nano Banana Pro avec un autre modèle ?
Pas dans notre cas : après comparaison sur 12 personnages, la passe de restyle qui suivait le composite a été retirée. Le composite passe directement à l'agrandissement puis à l'étalonnage.
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